Je venais d’emménager dans l’appartement que j’occupe encore aujourd’hui. J’avais 30 ans, j’en ai maintenant 62.
Comme je travaillais le lendemain je vais me coucher laissant dans le salon attenant quelques amis terminer la soirée.
A peine allongé, d’un seul coup, sans douleur aucune, je me suis retrouvé collé comme un ballon de baudruche dans un coin du plafond.
Je voyais mon corps gisant sur mon lit. De ce corps tentait de s’extirper une ombre à l’image de mon corps. Ombre « vivante »elle gesticulait tout en tentant de sortir par mes épaules. Au plafond c’était moi. Le corps gisant c’était aussi le mien et cette ombre c’était aussi moi !
Ma vision, très claire était comme déformée comme par un « miroir de sorcière », comme par ces objectifs photo « fish eyes ».
A ce moment on sonne à la porte palière. Je sais immédiatement que c’est une de mes amies X. Du coin du plafond je traverse le mur et vois qu’une des amies Y restée pour la pendaison de crémaillère se lève et va ouvrir. X rentre dans l’entrée, parle à Y et se dirige vers ma chambre. Je vois la poignée tourner. Je me dis qu’elle va être effrayée de me voir comme mort. Elle s’approche du lit et là pffuitt ! je réintègre mon corps et, l’air de rien, je lui dis « Comment vas-tu » .
(Je ne lui ai raconté cette histoire que bien plus tard).
Le lendemain soir comme je n’arrêtais pas de penser à ce qui m’était arrivé, fatigué, je tombe dans un profond sommeil et là je me revois quand j’avais 5 ans et que je suis tombé en jouant d’une murette de3 à 4 mètres sur des rochers. La tête la première. Me parents me l’avaient raconté. Mais là tout m’est revenu aves tous les détails.
Je me suis retrouvé au bord d’un immense tunnel. Une vague lumière le baignait tout en devenant plus vive vers le haut en provenance de l’extérieur de ce tunnel.
Des personnages flottaient doucement. Tous se dirigeaient vers cette lumière. Tous vêtus de blanc, sans vraiment de traits précis. Une des formes, c’était une forme féminine, se détourne de sa route et vient vers moi en me « disant » « Viens petit n’aie pas peur ! ». Ceci sans ouvrir la bouche qu’elle n’avait pas d’ailleurs.
Et je me suis retrouvé dans les bras de mon père auquel le médecin avait dit de m’empêcher de m’endormir.
J’entends encore la voix de cette « femme ». Je l’entends en français et pourtant à l’époque je ne le parlais pas. En fait elle a communiqué avec moi « directement », c’est tout ce que je peux imaginer.
Je fais un travail absolument cartésien, je ne suis pas religieux. Et pourtant quand on me pose la question : »Crois-tu en quelque chose après la mort ? Je ne peux m’empêcher de répondre « Je ne le crois pas, j’en suis sûr ! »